MYSTERES EN HAUTE-SAVOIE

Allan Kardec est venu à Morzine… et en a été chassé

Les possédés de Morzine

 Première partie : histoire et chronologie

« Des faits graves, mais inexplicables naturellement, se passent dans cette paroisse depuis quelques années. Aujourd’hui, il n’y a pas que les animaux qui nous montrent des phénomènes étranges, ce sont les personnes elles-mêmes. Nous voulons parler de deux filles, dont l’une est âgée de onze ans, l’autre de dix. » Ainsi s’expriment l’abbé Pinget et ses vicaires dans une lettre adressée à l’évêque d’Annecy, Monseigneur Rendu, ce 22 mai 1857.                              Ceci est le premier écrit concernant une véritable énigme, humaine et médicale, une affaire qui ne trouvera son épilogue officiel qu’en 1870. Treize années de doute, de peur et d’incompréhension. Treize années de batailles « d’experts » à coups de rapports et de sorts jetés, d’exorcismes et d’internements. Treize années de souffrance, de méfiance, de mépris… et de mystère dans l’histoire de Morzine. 
Et puis, plus rien.
Si la France se souvient volontiers des possédés de Louviers (1642), de Loudun ou d’Aix (1635), ceux de Morzine semblent être refoulés dans un recoin de l’oubli collectif.

Revenons sur le drame en trois actes qui s’est joué, au milieu du XIXe siècle, dans ce village alors un peu trop perdu dans les montagnes du Chablais…

Acte 1. 1857-1858 : le mal 

17 mars 1857 : Péronne T., dix ans, se dirige comme tous les jours vers l’école, située au chef-lieu, à Morzine. Le ciel est gris et lourd de menaces. Quelques timides et éphémères rayons matinaux traversent avec peine le rideau de nuages et viennent mourir sur les sapins sans parvenir à réchauffer les premiers bourgeons des tilleuls et des noisetiers. En passant sur le pont qui enjambe la tumultueuse Dranse, Péronne entend des cris et des voix qui s’appellent et se répondent bruyamment. S’approchant du bord, elle remarque, en contrebas, un attroupement sur les berges détrempées. Le corps ruisselant d’une fillette inanimée vient d’être sorti de l’eau. Autour, les hommes s’affairent pour la réchauffer, tandis qu’une femme, peut-être sa mère, supplie, des sanglots alarmés dans la voix. La fillette n’est pas morte, elle est tombée dans la Dranse et se remet lentement de ses émotions.
Péronne, elle, est choquée par ce qu’elle vient de voir. Mécaniquement, elle reprend le chemin de l’école, la tête envahie d’images et d’idées sombres. L’émotion s’est emparée de son imagination. De toute la matinée, elle ne pourra oublier les images du drame qui s’est joué sur le bord de la rivière en crue et dont elle a été la furtive spectatrice.
Et soudain, elle ressent des sensations inconnues. Elle n’a guère le temps de se poser beaucoup de questions. Son corps est pris de spasmes, de soubresauts incontrôlés et irréguliers. Rapidement, elle s’évanouit.
Transportée chez elle, elle reste dans un état de léthargie qui va prendre peu à peu d’autres formes, plus étranges et tout aussi inexplicables.  La fillette garde la chambre.  Le 18 mars, soit trois jours après, elle a une nouvelle crise, à l’église, pendant la messe.  Puis une autre, le lendemain, chez elle. Puis d’autres, de temps en temps.                        Ainsi, la petite Péronne T. est la première victime « officielle » de ce que l’on appellera « l’épidémie », ou, de façon plus obscure, « le mal » de Morzine.

(fin de l’extrait)

L'OR DU CHERAN

Quelqu’un a-t-il fait fortune avec l’or du Chéran ? 

 Il semblerait que oui, en fait.                                                                                                                                            On est persuadé qu’un chercheur de Cusy, un nommé Charvet, avait découvert un important filon, ou du moins, un dépôt riche en paillettes, voire en pépites.                    C’est d’ailleurs à un Charvet qu’on attribue le percement d’une galerie dans une combe sur la rive gauche du Chéran, près du pont de l’Abyme.                                                                     Afin, peut-être, de se rassurer, on préféra attribuer à l’individu une réputation de faux-monnayeur. Fin XIXe, on exhibait, à Cusy, ce qui devait être le four et le creuset dont il se servait pour fabriquer ses lingots.                                                                                                               Mais que fondait-il ?                                                                                                                                                              Une chose est sûre et historiquement prouvée, c’est que la famille Charvet, d’origine on ne peut plus humble, a acheté dans les années suivantes, d’immenses terrains à Cusy, devenant même, foncièrement, rivale de la grande famille de châtelains des Pingon-Cusy…                                                                                                                                                                                                   Les enfants du sieur Charvet possédèrent même, par la suite, une boutique d’orfèvre à Chambéry. L’ancêtre de Charvet était, comme l’a relevé l’abbé Martin dans Les Derniers des Pingon-Cusy, un « serf taillable à miséricorde pour sa personne et ses biens des sires de Clermont« . L’un de ses descendants, « reçu bourgeois de Chambéry, mort en 1646, laissa à ses fils 378 000 florins, somme considérable à l’époque » …                Et, lorsque le dernier Charvet meurt, sans enfant, le 26 octobre 1700, il lègue son immense fortune aux hôpitaux de Chambéry.

L’Eldorado ? 

La réelle fièvre de l’or eut lieu de 1848 à 1857, où une foule de chercheurs s’abattit sur « l’Abyme », motivée, semble-t-il, par les histoires de filons découverts en Californie.  Histoires qui échauffèrent bien des imaginations.

L’orpaillage prit alors une autre ampleur : on creusa des galeries, on sonda les grottes, le lavage du sable fut confié à une immense roue actionnée par le courant…                                                                                                                                                    Après neuf années, il fallut bien reconnaître que toute l’entreprise n’était qu’un échec. Méconnaissance géologique et empressement en furent, apparemment, les deux raisons principales. Après avoir, pourtant, creusé une galerie horizontale au fond de la Combe des Tonnées, une entreprise originaire du village minier de Peisey, en Tarentaise, venue tenter sa chance à Gruffy, connut le même résultat. M. Rey et ses six ouvriers renoncèrent après deux mois de travail aussi pénible que stérile.                          En 1853, c’est un géologue anglo-américain qui vint se lancer, avec la même infortune, dans une nouvelle recherche.

Magnétisme et somnambulisme 

L’aventure la plus impressionnante, par son ampleur plus que par son résultat, commence en avril 1855. 
Une société française vint s’implanter. Société à la tête de laquelle se trouve un curieux trio : l’un se fait appeler Monsieur le Comte ou Monsieur le Vicomte, l’autre est un notaire ruiné et la femme est une Anglaise nommée Lorton.  Pour mener à bien cette nouvelle expédition, le trio a dû contracter un emprunt de 1 200 livres. (Il semble en fait, que ce soient les deux hommes qui aient emprunté l’argent à l’Anglaise qui les accompagnait.)

L’ex-notaire connaît bien les lieux pour y avoir, quelques années auparavant, été l’homme d’affaires d’une équipe d’orpailleurs. Il commence par acheter un terrain, à Planibeau, et s’y fait construire une maison. Pour les besoins du projet, il est accompagné d’une somnambule rencontrée à Grenoble et qui, à ses dires, a des visions prémonitoires… 

Au mois de septembre, on commence enfin à travailler. Une galerie, d’une vingtaine de mètres, est creusée à la dynamite. Les ouvriers y travaillent sans relâche durant les mois de novembre et décembre, même par froid intense. Toutefois, les associés, inquiets de voir à quelle vitesse ont fondu les 1200 livres, se brouillent et la société est dissoute dès le début de l’année 1856.
Seul le comte reste, avec la somnambule en qui il a une confiance aveugle. Durant le printemps 1856, il recrute, grâce au peu d’or qu’il a trouvé, une nouvelle équipe, dans laquelle on ne retrouve pas moins de trois ingénieurs français. L’un d’eux, qui avait travaillé à la construction du chemin de fer de Victor-Emmanuel, n’est pas seul. Il est accompagné d’une jeune femme, Rose Chatelain, qui possède, elle, des dons de magnétisme.
Et c’est sur les indications de Rose Chatelain que les travaux furent dirigés vers le fond du gouffre.
Rien de moins.
Ce qui signifie qu’il fallut faire des travaux titanesques pour détourner la rivière et vider le gouffre. L’opération ne se fit pas sans peine et les pluies torrentielles, en 1858, vinrent très vite à bout des murs, digues et empierrements réalisés. L’équipe avait eu le temps, toutefois, d’étudier le fond du gouffre, quasiment asséché. 
C’était de la pierre, rien de plus.

Seul un ingénieur s’accrocha encore à un espoir fou et reprit les travaux, toujours sous les conseils avisés et magnétiques de Rose Chatelain.  Il lui fallut renoncer à son entreprise le 22 juillet de la même année.
Cette série d’échecs découragea toute autre tentative durant les trente années qui suivirent.

Des OVNI en Haute-Savoie ?

Énigmes détonantes sur le Bassin annecien

 1996 : explosion fantôme sur le Parmelan (1) 

Que s’est-il passé, sur le Parmelan, le vendredi 22 novembre 1996 vers 5 heures du matin ?                                                                                                                                                                                                                            À Thônes, une patrouille de gendarmerie signale un bruit d’avion anormalement fort, puis, immédiatement après, donne l’alerte. Une boule rouge sur le Parmelan, probablement une explosion, vient de déchirer l’obscurité.  Parti d’Alex, le colonel Miray se rend à la permanence qu’il tient au centre opérationnel d’Annecy. Le colonel Miray, ancien « patron » du 27e B.C.A. est le responsable de la cellule « Protection des populations » pour l’exercice EXINNAT qui se déroule depuis deux jours à Annecy. Il est chargé, notamment, d’exercices de maintien de l’ordre auprès des populations civiles, en « sillonnant fictivement et virtuellement la région ».                                                                                                            Lui aussi a entendu un bruit d’avion inhabituel, à son avis « un turbomoteur propulsé, probablement un bimoteur », et puis, tout de suite après, « un gros boum ».                         Aussitôt, il pense à un accident de poids lourd, sur la CD909. C’est en arrivant au centre opérationnel, à la préfecture, qu’il prendra connaissance des témoignages qui affluent déjà.  Des témoignages venus, par exemple, de Sévrier, où un autre membre de la cellule de protection a, lui aussi, assisté à l’explosion. Puis un autre témoignage venu d’Annecy, où une habitante du boulevard Taine dit avoir été réveillée par un « flash éblouissant, suivi d’un coup de tonnerre ».

Des dizaines de témoignages semblables, il en arrive de Genève, d’Annemasse, de Groisy, de Meythet, de Cran-Gevrier, et même de Montmélian.                                                                                À 7 heures, les radioamateurs de la sécurité civile « sillonnent » les fréquences à la recherche d’un éventuel signal issu d’une balise de détresse. On pense alors à un accident d’avion, semblable à celui qui avait coûté la vie à quatre personnes, au même endroit, en 1976.

Dans le même temps, le plan SATER de la Croix-Rouge est déclenché. Bientôt, c’est l’effervescence sur le Parmelan, et plus précisément vers la Tête de Turpin ; c’est dans ce secteur qu’un habitant d’un hameau proche a clairement vu l’explosion. Un PC est installé à Dingy-Saint-Clair et ce ne sont pas moins de deux cents hommes, militaires et pompiers, qui se lancent dans des recherches que la météo, exécrable, rend pénibles. Toutefois, malgré ce déploiement d’hommes, aidés par deux hélicoptères équipés de caméras thermiques, rien ne sera trouvé sur le Parmelan, toutes les recherches resteront vaines.

Marquant, par-là même, le point de départ d’un mystère, à ce jour, jamais élucidé.

(Fin de l’extrait)