Histoire d’un nom :

La montagne est citée pour la première fois au 4ème siècle, sous le nom de Seleuco

En 1209, on l’appelle Salevus.

Le Salève est également surnommé le Balcon de Genève.

Issu de la racine préceltique sal, le nom évoquerait une « pente à éboulis »…

Grottes, mines d’or et faux-monnayeurs :

On trouve, sur le Salève, beaucoup de grottes.

Certaines sont bien connues :

– la grotte d’Archamps (aussi appelée grotte « des trois fées »)

– le grotte d’Orjobet (elle a été nommée Orjobet par H-B. De Saussure, en 1779, du nom de son propriétaire, François Orjobet, qui la lui faisait visiter)

– le Trou de Tine, également connu sous le nom de « Creux de Brifault » car son entrée n’a pas l’air plus grande qu’une niche pour le chien… (Brifault était, en vieux français, le nom que l’on donnait au chien de chasse.) 

– la grotte de la Mule (également appelée « grotte du Sphynx », difficile d’accès, elle était pourtant habitée au néolithique)

– les grottes des Seillons, des Sablons, de l’Ours… 

– le Trou du Diable, dans lequel on dit que trois enfants se sont perdus à jamais. On dit également qu’il serait habité par un étrange et maléfique serpent orné d’un énorme diamant… peut-être…mais un éboulement en a définitivement obstrué l’entrée.

Et qu’elles soient accessibles et visitées ou qu’elles aient disparu, toutes ces grottes ont des histoires à raconter.
Si les grottes de Seillon et celle d’Archamps ont accueilli des familles de chercheurs d’or, il en est une qui a une histoire particulière.
C’est l’histoire de la (bien-nommée) Grotte des Faux-monnayeurs.
Une histoire en deux temps.

Le 5 avril 1801, les habitants de Veyrier sont attirés par des bruits aussi étranges que suspects…

Le maire, Joseph Portier, accompagné de plusieurs hommes de la Garde Nationale, se rendent vers le lieu d’où semblent provenir les bruits sourds. L’endroit, situé au dessus du Pas de l’Echelle, est une grotte difficile d’accès. Les hommes y entrent et surprennent un individu occupé à fabriquer de la fausse monnaie. Il s’appelle Jean-Luc Poulain, originaire d’Yvorne (canton de Vaud), il habite à Genève où il exerce la profession de pâtissier. Les gendarmes mettent ainsi la main sur un sac contenant 792 fausses pièces, des Batz, datées de 1793. L’homme est arrêté, jugé et, comme on ne plaisante pas avec les faux-monnayeurs, condamné à mort.

Fin du premier acte.

(fin de l’extrait)

L’observatoire du Grand Salève :

Début 1913, un membre de la Société astronomique de Genève, Henry Honegger (1898-1969), ayant pour projet d’édifier un observatoire astronomique sur le Salève, demande à la commune de Monnetier-Mornex de lui louer, pour une durée de 50 ans, une parcelle de cinq hectares située au lieu-dit « le plateau de la petite gorge ».

Le 28 mai 1913, le conseil municipal accepte, sous condition que le bail de 50 années soit résilié de plein droit dans le cas où l’observatoire viendrait à être supprimé !

L’observatoire, desservi par le chemin de fer électrique du Salève, fut alors construit. Il se composait d’un laboratoire de 50 m² et d’une tour, surplombée d’une coupole, accueillant le télescope. Ce magnifique télescope était équipé d’un miroir parabolique d’un mètre de diamètre taillé par l’astronome suisse Émile Schaer (1862-1931), de l’observatoire de Genève. Malheureusement, la première guerre mondiale freina considérablement le projet, et, les astronomes suisses ne pouvant plus venir en France, l’équipement ne fut plus occupé que par quelques amateurs. Mais, suite à une rumeur faisant courir le bruit que « l’installation avait été financée par des Allemands dans un but d’espionnage à l’aide de signaux lumineux« , l’observatoire fut partiellement vandalisé, puis abandonné…

C’est ainsi que le bail passé en octobre 1913 fut résilié, en 1924, pour le motif de « non fonctionnement de l’observatoire pendant plus de trois ans« . Conformément à l’accord, le bâtiment devint dès lors propriété de la commune de Monnetier-Mornex. Miraculeusement épargné, le miroir fut transféré à Genève, puis à l’observatoire Saint-Michel de Provence.

Inoccupé pendant plusieurs années (hormis, temporairement, par les scouts), le bâtiment fut repéré par Gustave Mégevand qui y installa une buvette, puis un restaurant, qu’il baptisa « l’observatoire », en 1949. Un second projet faillit se concrétiser, lorsque, en 1924, Monsieur Dina, un généreux mécène, proposa la construction, à ses frais, d’un nouvel observatoire, beaucoup plus grand que le précédent. Pour l’alimenter, une centrale électrique fut même installée au hameau de Chosal et pour y accéder, une route, reliant Cruseilles au Plan du Salève, fut également construite par les Ponts et Chaussées. La mort de Monsieur Dina, en 1928, mit un terme à ce beau projet, dont la route reste la seule trace.

Le chemin de fer du Salève :

Le 12 juillet 1875, l’ingénieur genevois Mr. Du Roveray déposait, auprès du Conseil Général de la Haute-Savoie, une demande de concession. Son projet, et celui de M. Chaboulon (qui en avait eu l’idée), était l’installation d’une voie de chemin de fer, d’une longueur de 16 km, partant d’Annemasse avec, comme terminus, le Grand Piton du Salève.
L’idée était de rendre le Salève accessible au plus grand nombre…en train à vapeur.

Le décès de Mr. Du Roveray mit prématurément un terme aux négociations…
Dix ans plus tard, le second projet fut déposé…

Deux ingénieurs électriciens genevois, MM. Albert De Meuron et Edouard Cuénod exprimèrent auprès du Conseil Général de la Haute-Savoie leur souhait « d’être mis au bénéfice de la concession sollicitée par MM. De Chaboulon et Du Roveray », reprenant ainsi le premier projet.

Ce qui leur fut refusé.
Toutefois, le Conseil Général de la Haute-Savoie ne leur ferma pas toutes les portes, et leur demanda d’imaginer un autre projet avec, comme contrainte, un trajet plus court : un départ d’Etrembières (et non plus d’Annemasse), et une arrivée aux Treize-Arbres.

Le projet, redessiné en ces termes, fut accepté et la concession accordée (pour une durée de 75 ans) le 18 juin 1887,. Concession à laquelle s’ajouta, le 9 décembre 1891, l’autorisation d’installer une seconde ligne reliant Veyrier à Monnetier. Mais la principale innovation, par rapport au premier projet de 1875, était la disparition du train à vapeur.
Le futur chemin de fer du Salève serait le premier chemin de fer électrique à crémaillère du monde.

(fin de l’extrait)

La Tour Bastian :

Aussi appelée Tour des Pitons, elle fut érigée entre 1820 et 1830 par Claude-François Bastian (1764-1838), lequel, outre le fait qu’il était notaire et maire de Frangy, était également  propriétaire de l’alpage du Petit-Pomier. Alpage qu’il avait acquis le 18 mai 1795 lors de la vente des biens de la chartreuse de Pomier.

Située sur la commune de Beaumont, la Tour Bastain constitue le point culminant du Salève (1379 m). Au même emplacement, dit-on, se trouvait un poste de guet datant du 14ème siècle.

Elle n’avait pas d’autre fonction, semble-t-il, que de permettre une vue magnifique par-dessus les arbres…