L'AIGUILLE DU MIDI

Histoire d’un nom :

L’Aiguille du Midi et la Pointe du Midi avaient une fonction particulière, lorsque le soleil était à leur aplomb, cela indiquait aux bergers et autres hommes qui travaillaient aux champs…qu’il était midi ! 
On devrait l’appeler plus précisément « Aiguille de Midi des Praz » puisque le nom indique un sommet au-dessus duquel le soleil se trouve à midi…

Très pratique car, comme on l’écrivait au 16ème siècle :  « les travailleurs étaient gens si pauvres qu’il ne se trouvait ni à Chamonix ni à Vallorsine aucune horloge pour observer et savoir le temps et le cours des heures… »

Pour info : La Meije (Massif des Ecrins – Hautes-Alpes) a la même origine, meige signifiant « midi » en provençal.

Histoire des deux téléphériques…

Une histoire en deux temps…

La première commence réellement lorsque, en 1909, la Compagnie Française des Funiculaires est autorisée à construire un « funiculaire aérien », composé de 3 tronçons, depuis les Pèlerins jusqu’au sommet de l’Aiguille du Midi (via le Col du Midi, en longeant le Glacier des Bossons).

La construction, qui débuta le 2 juin 1910, fut des plus chaotiques…
La guerre, d’abord (qui obligea l’arrêt des travaux) puis les faillites successives des sociétés gestionnaires (en 1922 et en 1933) plus des contraintes (matérielles et technologiques) imprévues, furent autant de causes qui ralentirent fortement le projet.

En 1924, malgré beaucoup de travail et d’espoir, le téléphérique ne fut pas opérationnel pour les épreuves de bobsleigh des Jeux Olympiques…
Le second tronçon ouvrit en 1927 et put emmener les touristes à 2404 m d’altitude.

En 1937, même si le bilan de la saison est enfin positif, le téléphérique, lui, est encore loin de son terminus. Terminus qui fut modifié pour des raisons techniques et financières : il fut ainsi décidé que le téléphérique n’irait pas plus haut que le Col du Midi.

La seconde guerre, à nouveau, interrompit les travaux.

En 1945, la fin de la seconde guerre mondiale vit également la fin d’un rêve. Après plus de 40 ans de travaux, le chantier fut définitivement interrompu en 1948.
Le Col du Midi ne fut jamais atteint.

La deuxième histoire est totalement différente…et beaucoup plus rapide !
De la partie technique au tracé, tout fut balayé et entièrement revu.
Les travaux, ignorant totalement les constructions du premier projet, furent menés par le promoteur turinois Dino Lora Totino.
La construction du téléphérique commença en 1949 et fut inauguré…en 1955.
Un travail de titans : les câbles porteur (60 tonnes) et tracteur (5 tonnes) furent montés à dos d’hommes !

Le jour de son inauguration, le téléphérique de l’Aiguille du Midi était le plus haut téléphérique du monde. Il a, depuis, été détrôné…

 

1ère ascension :

Le Piton Nord (3795 m) a été gravi le 4 août 1818 par le comte Polonais Malczewski,
Jean-Michel Balmat et cinq autres guides.

Le Piton Central (3842 m) a été gravi le 5 août 1856 par le comte Fernand de Bouillé accompagné des guides Alexandre Devouassoux, Ambroise et Jean Simond (et sept porteurs !). Seuls les trois guides chamoniards iront jusqu’au sommet pour y planter le drapeau blanc des monarchistes français (le reste du groupe s’étant arrêté 25 mètres plus bas). 

 

 


Incident de vol :

C’est une véritable catastrophe qui a été miraculeusement évitée le 29 août 1961, lorsqu’un avion de chasse, procédant à un vol d’essai, sectionna le câble tracteur du téléphérique.
Alors qu’il effectuait une « chandelle » avec son F 84F, le capitaine Ziegler ne sentit rien lorsque son avion sectionna le câble, provoquant la chute de trois cabines, qui s’écrasèrent contre un rocher du glacier.
Deux des cabines étaient vides, dans la troisième, il y avait 6 personnes.
Aucune ne survécut.
Si, toutefois, l’avion avait sectionné le câble porteur (situé quelques centimètres au-dessus) le bilan aurait été de 87 morts !
Il fallut toute la nuit pour évacuer les 81 personnes dans les cabines (restées bloquées).
Ayant dû larguer un de ses réservoirs endommagé, le capitaine Ziegler, rentra tranquillement à la base de Luxeuil (Haute-Saône), puis, afin de justifier la détérioration de ce réservoir largable, rédigea, tout de même, un rapport, sur lequel il signala avoir eu… un incident de vol.

Le pilote sera jugé un an plus tard, à Dijon, par le tribunal des forces armées.
Il sera disculpé.
En effet, les experts avaient, notamment, relevé l’absence de balisage de ce téléphérique (lequel, avait, originellement, été construit contre l’avis de la commission des sites).