Histoire d’un nom :

Il semble que sa 1ère appellation aurait été celtique : blin  (« sommet »), auquel aurait été ajouté, plus tard, le latin mons (« mont »), son nom originel était donc probablement : Mons Blin, qui signifiait donc : le Mont Sommet !

La 1ère apparition du nom actuel date de 1350, et provient d’une chanson à geste franco-vénitienne de Huon d’Auvergne : 
Ainsi, au vers 6802, on y trouve la 1ère mention du Mont Blanc :
Molto fo belo lo castel in ssemblant (« Moult fut beau le château »)
Non è miga si belo lo gran Montbeliant (N’est mie si beau le grand Mont Blanc »)

Moins poètes, Jacques Balmat, son premier vainqueur, et les habitants des Pèlerins, le surnommaient ironiquement la « taupinière blanche« .

Toutefois, lorsqu’il est représenté officiellement sur une carte, en 1606, c’est le massif entier qui est globalement appelé Montagne Maudite !

En 1742, Pierre Martel, naturaliste et mathématicien genevois mentionne, pour la première fois, le nom de « Mont Blanc » sur ce qui n’est alors qu’une esquisse topographique. Ce sera sur une carte de la Suisse, dessinée en 1778 par le cartographe anglais Faden, que le nom Mont-Blanc apparaitra officiellement
…et définitivement.

Balmat et Paccard : 8 août 1786, l’ascension historique :

Jacques Balmat, né au hameau des Pèlerins en 1762, n’était pas vraiment un alpiniste.
Chasseur de chamois et cristallier occasionnel, il travaillait à la ferme paternelle et partait souvent taquiner les sommets, à la recherche de cristaux, qu’il revendait aux touristes de passage et aux collectionneurs.
Le docteur Michel Paccard, né à Chamonix en 1757, était un médecin, mais il était aussi un naturaliste passionné de botanique et de minéralogie.
Ni l’un ni l’autre n’en étaient à leur première tentative.

Jacques Balmat, qui avait plusieurs fois tenté sa chance en solitaire avait finalement décidé que cela était « hors de pouvoir d’un seul homme« …

Horace-Bénédicte De Saussure avait promis, en 1760, une forte somme d’argent à qui ouvrirait la voie qui mène au sommet du Mont-Blanc, qui n’était encore que la « Montagne Maudite ».

1760 ! Cela faisait plus de 25 ans que des guides et des montagnards cherchaient à vaincre le Mont-Blanc, à une époque où son vainqueur n’était pas encore né !

Le docteur Paccard avait tenté, sans succès, de trouver la voie, notamment en compagnie de Marc-Théodore Bourrit. Beaucoup d’autres s’y étaient également confrontés. Mais les guides, les chasseurs et les cristalliers, à cette époque, ne connaissaient, comme seul glacier, que la Mer de Glace, qui était un accès facile vers les Courtes et le Jardin, qui leur apportaient, à profusion, tout ce qu’ils cherchaient.

Vu de la Mer de Glace, le Mont-Blanc semblait tellement accessible…

Mais que ce soit par le glacier des Bossons ou par celui du Tacul (que les Guides envisageaient comme les seules voies possibles) toutes les tentatives se heurtaient à un rocher impraticable ou une crevasse incontournable.
En 1784, Bourrit pensa avoir enfin trouvé : confiant, il tenta sa chance par le glacier de Bionnassay puis le plateau de Pierre-Ronde.
Sans succès.

En juin 1786, attablés dans une auberge, des guides, parmi les plus expérimentés, avaient des avis partagés : les uns affirmaient que la route passait par la montagne de la Côte et les autres soutenaient l’option Aiguille du Goûter. Un pari fut lancé et les deux cordées partirent le 30 juin 1786, chacune par sa voie en se donnant rendez-vous sur le Grand Plateau.
Apprenant cela, Jacques Balmat s’incrusta dans l’une des équipes…

(fin de l’extrait)

Secours en montagne : il aura fallu Vincendon et Henry

Le Mont-Blanc a été le théâtre de nombreux accidents, de nombreuses tragédies. Depuis la mort des trois guides, en 1820 (tués par, non par une avalanche, mais par le cynisme et l’irresponsabilité du docteur Hamel) nombre d’alpinistes, dont certains étaient de grands montagnards, ont vu leurs rêves s’effondrer dans une crevasse ou s’écraser contre un rocher.
La montagne, majestueuse et indomptable a, comme l’océan, ses propres lois.

Dans cette tragédie, la montagne s’est montrée imprévisible et impitoyable, et les hommes incompétents et désorganisés.
Vincendon et Henry furent leurs victimes.  

Nous sommes le 22 décembre 1956, Jean Vincendon, un jeune Parisien de 24 ans, et François Henry, 22 ans, venu de Bruxelles sont tous deux passionnés de montagne et souhaitent intégrer le Groupe de Haute-Montagne.
Ce jour-là, ils prennent le téléphérique de l’Aiguille du Midi et filent vers le refuge Torino, où ils passent la nuit. Leur objectif : le Mont-Blanc en passant par l’Eperon de la Brenva. 
Une course hivernale, à cette époque, ce n’est pas courant, les guides étant occupés avec d’autres clients, sur les pistes de skis.

Deux jours plus tard, ils sont à La Fourche et attendent des bonnes conditions météo. Voyant qu’il n’y a rien à espérer du ciel, ils décident de rentrer à Chamonix. C’est à ce moment précis que leur sort va se jouer. Pour tout passionné d’alpinisme, en 1956, le modèle, le héros, la référence, c’est l’Italien Walter Bonatti : l’homme abandonné au sommet du K2 qui est revenu indemne, l’homme au nombre impressionnant de « premières », d’ouvertures de voies, d’hivernales et de solitaires aussi difficiles que superbes.
Et c’est ce Walter Bonatti que Vincendon et Henry croisent ce matin-là, alors qu’ils sont sur le chemin du retour. Les deux jeunes sont fascinés. L’Italien est avec un client, Silvano Gheser, et s’apprête à affronter La Poire. Immédiatement, les deux jeunes se joignent à eux et repartent à l’assaut de la montagne.
Leur destin vient de se jouer, le temps d’une rencontre.

Le 25 décembre, après avoir passé le réveillon dans un refuge, les quatre hommes se séparent au col Moore, chacun continuant vers son objectif. Les conditions météo se dégradent encore, Bonatti et son client décident de revenir vers le Mont-Blanc et de se mettre à l’abri dans le refuge Vallot. De leur côté, Vincendon et Henry, épuisés, piétinent, ne parviennent pas à trouver un bon rythme dans la neige et le vent. La nuit tombe. Ils entendent Bonatti, qui passe quelque part au-dessus d’eux et leur conseille de se mettre à l’abri. Mais d’abri, dans cette immensité blanche et glaciale, il n’y en a pas, alors, les deux jeunes se tiennent serrés l’un contre l’autre, tentant de se réchauffer et se réconforter, alors que, déjà, des traces de gelure ont commencé à leur ronger les orteils et les doigts…

Cela fait maintenant 5 jours qu’ils sont partis. En bas, dans la vallée, leurs proches s’inquiètent et tentent, de leur côté, d’organiser des secours. On leur répond que l’alpinisme, c’est une activité estivale, pas hivernale, et qu’il n’existe aucun secours possible en décembre…

Le 27 décembre, un hélicoptère, parti en reconnaissance, passe au-dessus d’eux, mais ne voit pas les deux jeunes alpinistes en détresse…

(fin de l’extrait)

 

Le Mont-Blanc, en quelques chiffres…

– Il tombe, chaque année, environ 40 mètres de neige au sommet du Mont-Blanc.

– Ruée vers le sommet :
chaque jour, en été, c’est 350 à 400 départs (d’où une surpopulation dans les refuges…)
ce qui fait plus de 20 000 personnes ! (40 à 100 % d’échec chaque jour de tentative)

– 80 à 100 interventions des secours chaque année (parfois plusieurs par jour !)
dont 80 % pour épuisement (mauvaise préparation physique…)

– Les risques naturels (avalanches, chutes de séracs, éboulements rocheux, tempêtes, visibilité nulle, etc.) sont très importants, et plus particulièrement sur les itinéraires classiques. Ils font chaque année plusieurs morts (13 en 2012).

– L’épaisseur des neiges éternelles de la calotte sommitale est d’une vingtaine de mètres.

A qui appartient le Mont-Blanc ?

Cette question aurait pu être définitivement réglée dès 1738, lorsque des Chamoniards (économes plus qu’économistes !) réalisant le cadastre sarde, et craignant « de payer trop de taille pour ces rochers et glaciers incultes et dévastateurs », avaient envisagé de céder l’intégralité du Mont-Blanc à la commune de Courmayeur !
Cette décision, qui, fort heureusement, ne fut pas prise, aurait alors généré probablement quelques économies immédiates…mais, certainement, combien de regrets éternels !

En 1805, le préfet, Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau (qui avait pour mission de déterminer les limites du tout nouveau département du Mont-Blanc) n’avait pas jugé bon d’y inclure …le Mont-Blanc !
Destinataire du rapport, le ministre de l’intérieur, Jean-Baptiste de Nompère de Champagny, n’avait, quant à lui, pas jugé utile d’y apporter de rectification.
Dans l’indifférence absolue, le Mont-Blanc se trouvait donc sur un territoire indéterminé…

(…)

Depuis 1946, date à laquelle la partie Sud-Ouest fut attribuée à la commune de St-Gervais, le sommet du Mont-Blanc appartient conjointement aux habitants
de Chamonix et de St-Gervais.